Chorda Sonum

Chorda Sonum

À la rencontre des musiques italiennes instrumentales

 du XIVe et XVe siècle pour cordes

 

Au XIVe et XVe siècle les différentes cours italiennes, développent un goût hors du commun pour les arts et notamment la musique. C’est avant le développement de la citée, comme centre culturel par excellence qui amène une émulation artistique très importante durant toute cette période. Florence, Pavie, Venise notamment s’illustre une importante activité musicale.  Des sources capitales vont être compilées, donc le codex Squarcialupi un des plus grands recueils de l’art musical italien ainsi que le Codex Reina. La poésie musicale, issu notamment des troubadours occitan, va devenir un standart de composition à travers les ballata, madrigal et caccia. Outre le raffinement, c’est une musique où la mélodie touche et interpelle son auditoire. L’art des affects et de l’amour courtois abordés par une touche  italienne inégalé.

 Un  instrumentarium de cordes

Au Moyen Âge, les instruments à cordes sont, non seulement dans la sonorité de la musique, mais également d’un point de vue théorique. En effet, la musique est avant tout une science à cette époque, appartenant au quadrivium, ensemble des quatre libéraux : géométrie, arithmétique, astronomie et musique, base de l’enseignement. Suivant les préceptes antiques de Pythagore, les intervalles musicaux sont obtenus par le pincement d’une corde à différents endroits : à la moitié, l’octave résonne ; au deux-tiers, c’est la quinte, etc. De ce fait, le monocorde (cithare à une seule corde et à chevalet mobile pour pincer la corde à différents endroits) ou l’organistrum (sorte de vièle à roue biplace) étaient utilisés pour l’éducation musicale. Boèce (c. 480-542) établi des liens entre les instruments à cordes et les planètes dans son De Musica. On comprend alors l’importance des instruments à cordes dans la pensée médiévale.Toutefois, il convient de souligner que la musique instrumentale est extrêmement rarement notée au Moyen Âge. La plupart des partitions parvenues jusqu’à nous sont en effet des chansons, liturgiques, mais aussi profanes. L’accompagnement instrumental était certainement improvisé sur ces lignes mélodiques, étant donné le nombre de représentation de musiciens dans l’art médiéval. D’après ces représentations, on constate que l’instrumentarium est assez varié dès l’époque carolingienne, mais c’est surtout à l’époque gothique qu’apparaissent de nouveaux systèmes « mécaniques » pour pincer, frotter ou frapper les cordes. Un tournant est donc remarquable à la fin du Moyen Âge, annonçant la Renaissance, avec de larges possibilités pour les instruments à cordes. Ainsi, le XIVe siècle voit l’arrivée des premiers répertoires spécifiques instrumentaux, notamment avec le robersbridge codex. Enfin Au tout début du XVe le codex Faenza sera le premier recueil de musique notée pour le luth et les instruments à claviers, concernant tant la diminution de pièces vocales issues de compositeurs aussi illustre que Guillaume de Machaut que liturgique à travers des pièces diminuées en alternatim.